Une exposition inédite en France
Fruit d'une collaboration entre la Bnu et la Fondation René Cassin, l'exposition Martin Luther King – Droit à la liberté est présentée pour la première fois en France, après avoir été accueillie à Stockholm puis à Rome.
Son commissariat est assuré par Ashley Woods, en étroite collaboration avec The King Center et la famille de Martin Luther King Jr. Elle est visible à la Bnu jusqu'au 17 janvier 2027.
Un discours d'ouverture placé sous le signe de la voix libre
Le vernissage a débuté par les discours de Nicolas Tocquer, directeur de la Bnu, et d'Emmanuel Decaux, président de la Fondation René Cassin.
Nicolas Tocquer a d'abord remercié les partenaires ayant permis la venue de l'exposition à Strasbourg — la Fondation René Cassin, le Crédit mutuel Alliance fédérale, la Représentation permanente du Kosovo auprès du Conseil de l'Europe, The King Center, REAL EXPO et le Musée du Prix Nobel de Stockholm — ainsi que les équipes de la Bnu mobilisées sur le projet.
Il a ensuite inscrit cette exposition dans le fil rouge de la saison culturelle 2026-2027 de la Bnu, « la voix est libre », consacrée aux voix qui font écho aux préoccupations contemporaines en matière de libertés. Retraçant la genèse du discours « I Have a Dream », il a rappelé qu'même ses moments les plus célèbres — comme l'encouragement lancé par Mahalia Jackson à King, « Tell them about the dream » — s'inscrivent dans un dialogue collectif plutôt que dans le seul geste d'un homme.
Le directeur a ensuite tenu à citer des figures féminines moins connues du mouvement des droits civiques dont l'héritage traverse le combat de Martin Luther King : Phillis Wheatley, Harriet Jacobs, Ida B. Wells, Claudette Colvin et Coretta Scott King — cette dernière décrite par Eric Tidwell, présent dans la salle, comme « the architect of doctor King's legacy ».
Deux prix Nobel de la paix, un même engagement pour des droits effectifs
Prenant la parole à son tour, Emmanuel Decaux, président de la Fondation René Cassin, a rappelé ce que partagent René Cassin et Martin Luther King : tous deux prix Nobel de la paix — René Cassin en 1968 pour son rôle dans la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme, Martin Luther King en 1964 pour son combat non-violent contre la ségrégation. Deux itinéraires différents, l'un juridique et diplomatique, l'autre militant et oratoire, mais une même conviction, selon lui : les droits ne valent que s'ils deviennent des droits effectivement exercés, et non de simples déclarations de principe. Un parallèle qui donne tout son sens à l'accueil de cette exposition à Strasbourg, ville où siègent le Conseil de l'Europe et la Cour européenne des droits de l'homme, et où la Bnu travaille de longue date avec la Fondation René Cassin — une collaboration déjà nouée quelques mois plus tôt autour de la figure de René Cassin lui-même.
Une discussion à plusieurs voix
Les discours ont laissé place à une conférence réunissant plusieurs intervenants aux regards complémentaires :
Ashley Woods, commissaire de l'exposition ;
Pap Ndiaye, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de l'Europe, professeur des universités et ancien ministre ;
Eric Tidwell, directeur de l'Estate of Martin Luther King Jr. ;
Camille Velikonia, déléguée académique adjointe à l'éducation artistique et à l'action culturelle au Rectorat ;
Béatrice Labelle, professeure d'histoire-géographie et co-productrice du livret pédagogique de l'exposition, conçu pour accompagner les enseignants et leurs élèves dans sa découverte.
La parole aux lycéens
Temps fort de la rencontre : les questions posées aux intervenants par les élèves de terminale section européenne du lycée Louis Pasteur, venus avec leur professeure Béatrice Labelle.
Interrogé sur le choix de Martin Luther King, Ashley Woods a raconté que le projet s'était imposé à lui après un voyage à Atlanta et une rencontre avec la fille de Martin Luther King — trois ans de travail et de collecte ont précédé l'arrivée de l'exposition en France, dix ans après sa création.
Eric Tidwell a expliqué son engagement à préserver l'héritage de King par la persistance des mêmes problèmes — pauvreté, racisme, guerre — et par la force de la non-violence pour vivre ensemble, y compris dans les pays où les droits humains restent bafoués.
Pap Ndiaye a resitué la singularité de King dans l'histoire de la lutte pour l'égalité raciale, entre stature intellectuelle, talent oratoire et stratégie politique pragmatique de la non-violence.
Ashley Woods a par ailleurs insisté sur sa vocation d'éducateur, l'exposition étant pensée comme un outil pour toucher les jeunes générations.
Béatrice Labelle a souligné les nombreux points d'entrée de l'exposition dans les programmes scolaires (anglais, enseignement moral et civique, histoire), et Camille Velikonia a conclu sur la portée de la voix de King pour interroger, aujourd'hui encore, la liberté, l'injustice et le rôle de l'esprit critique.
Une exposition à découvrir
Ce vernissage a ouvert une programmation qui se poursuivra tout au long de l'exposition. Elle invite le public strasbourgeois à (re)découvrir la figure de Martin Luther King, sa pensée et son héritage, à un moment où ses combats demeurent plus que jamais d'actualité.
Le vernissage en images
Photos @ Alexandra Montana Lampo, photographe Bnu
©Bnu - AML
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